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Orthopedie

Comment reconnaître un pied plat ?

7 août 2026 | 5 min de lecture

Le pied plat se caractérise par un affaissement notable, voire une disparition complète, de l'arche interne du pied (arche longitudinale médiale). Cette condition peut être présente dès la naissance ou se développer au fil du temps en raison d'une faiblesse du tendon du muscle tibial postérieur, d'un excès de poids, d'une station debout prolongée ou de blessures antérieures. Tous les pieds plats ne posent pas nécessairement un problème clinique ; dans le cas du pied plat souple notamment, la personne peut mener sa vie quotidienne sans ressentir la moindre gêne. En revanche, lorsque des symptômes tels que des douleurs, une fatigue ou des troubles de la marche apparaissent, une évaluation médicale s'impose.

La détection du pied plat repose souvent sur l'observation personnelle. Une usure plus rapide de la partie interne des chaussures par rapport aux autres zones, des douleurs au niveau de la plante du pied ou du talon lors de longues marches, ou encore une difficulté croissante à rester debout comptent parmi les premiers signes d'alerte. En présence de ces symptômes, consulter un spécialiste en orthopédie constitue la démarche appropriée afin de déterminer si le pied plat est souple ou rigide et d'évaluer la nécessité d'un traitement.

Quels sont les symptômes les plus fréquents du pied plat ?

Le symptôme le plus courant du pied plat est une douleur sourde ressentie le long du bord interne du pied. Cette douleur s'intensifie particulièrement après une station debout prolongée ou lors d'une activité physique. Par ailleurs, des douleurs au talon, un gonflement à la face interne de la cheville, des tensions dans les muscles du mollet et une fatigue rapide des jambes peuvent accompagner le pied plat. Dans les cas avancés, des douleurs au niveau du genou, de la hanche et du bas du dos peuvent également survenir, car le déséquilibre biomécanique du pied modifie la répartition des charges sur l'ensemble du membre inférieur.

L'intensité des symptômes varie considérablement d'une personne à l'autre. Une proportion importante de personnes présentant un pied plat souple ne ressent aucun symptôme, tandis que dans le cas d'un pied plat rigide, la douleur et la limitation des mouvements peuvent affecter sérieusement la vie quotidienne. Chez l'enfant, le pied plat relève le plus souvent d'un processus physiologique normal et la formation de l'arche plantaire est attendue spontanément jusqu'à l'âge de six ans environ. C'est pourquoi un pied plat asymptomatique durant l'enfance ne nécessite généralement pas de traitement, mais toute douleur ou limitation d'activité doit impérativement faire l'objet d'une évaluation.

Le test de l'empreinte plantaire suffit-il à poser un diagnostic ?

Le test de l'empreinte plantaire est une méthode de dépistage simple qui consiste à poser le pied humide ou enduit d'encre sur une surface plane afin d'en analyser l'empreinte. Dans ce test, la hauteur de l'arche interne est estimée approximativement en observant la largeur de la partie médiane de l'empreinte. Lorsque l'arche est bien formée, la zone centrale de l'empreinte reste étroite, alors qu'en cas de pied plat, la quasi-totalité de la plante entre en contact avec la surface, produisant une empreinte large et pleine. En raison de sa rapidité et de sa simplicité, cette méthode est fréquemment utilisée lors des dépistages scolaires et des évaluations initiales.

Toutefois, le test de l'empreinte plantaire ne suffit pas à lui seul pour établir un diagnostic. Ce test ne fournit qu'une image statique et ne permet pas d'évaluer le comportement dynamique du pied en charge, l'intégrité des tendons ni l'alignement osseux. Dans le cas d'un pied plat souple, l'arche peut réapparaître lorsque la personne se met sur la pointe des pieds, une distinction que le test de l'empreinte ne peut pas saisir. De plus, des facteurs tels que l'épaisseur des tissus mous ou la structure du coussinet adipeux peuvent influencer l'empreinte et produire des résultats trompeurs. Ainsi, bien que le test de l'empreinte plantaire constitue un outil de dépistage préliminaire précieux, un examen clinique et, si nécessaire, des examens d'imagerie restent indispensables pour une évaluation définitive.

Dans quels cas l'examen clinique et l'imagerie sont-ils nécessaires ?

L'examen clinique constitue la première et la plus fondamentale étape d'évaluation chez tout patient suspecté de pied plat. Au cours de cet examen, le médecin observe le pied en charge et hors charge, évalue la hauteur de l'arche interne, réalise le test de mise sur la pointe des pieds (test de Jack) et apprécie la force du tendon du muscle tibial postérieur. Si, lors de la mise sur la pointe d'un seul pied, le talon ne bascule pas en inversion et reste en position de valgus, cela constitue un signe important d'insuffisance tendineuse. L'amplitude articulaire de la cheville, la tension du tendon d'Achille et le schéma d'usure des chaussures font également partie intégrante de l'examen.

Le recours à l'imagerie n'est pas systématique ; il intervient principalement lorsque la douleur ne peut être expliquée par l'examen clinique seul, lorsqu'un pied plat rigide est suspecté, en cas d'antécédent traumatique ou lorsqu'une intervention chirurgicale est envisagée. Les radiographies en charge constituent la méthode standard pour mesurer l'alignement osseux et les angles de l'arche plantaire. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est privilégiée pour évaluer les pathologies tendineuses et des tissus mous, tandis que la tomodensitométrie (TDM) peut être utilisée pour détecter des anomalies structurelles congénitales telles qu'une coalition tarsienne. Pour un diagnostic précis et une planification thérapeutique adaptée, l'approche la plus fiable consiste à compléter les données de l'examen clinique par des examens d'imagerie lorsque cela s'avère nécessaire.