Lors d’une chirurgie d’allongement des membres, l’os est sectionné de manière contrôlée, puis progressivement écarté afin de permettre la formation d’un nouveau tissu osseux. Toutefois, ce processus ne concerne pas uniquement l’os. Les muscles, les tendons, les ligaments, les capsules articulaires, les nerfs et les vaisseaux sanguins doivent également s’adapter à l’augmentation progressive de la longueur du membre. Comme les tissus mous ne s’allongent pas toujours au même rythme que l’os, des tensions et des limitations de mouvement peuvent apparaître.
La rééducation constitue donc une partie essentielle du traitement. Elle vise à préserver la mobilité des articulations, à limiter la perte de force musculaire, à prévenir les rétractions et à préparer progressivement le patient à retrouver une marche fonctionnelle. Le programme est adapté à l’os opéré, à la technique utilisée, à la longueur recherchée et à l’évolution de la consolidation. Des exercices insuffisants peuvent favoriser les raideurs, tandis que des mouvements trop intenses ou mal contrôlés peuvent augmenter les douleurs et solliciter excessivement les tissus en cours de guérison.
Comment préserver la mobilité articulaire ?
La mobilité articulaire correspond à la capacité d’une articulation à se plier, à s’étendre et à bouger dans ses amplitudes normales. Pendant l’allongement, les articulations situées au-dessus et au-dessous de l’os opéré doivent être surveillées avec attention. Lors d’un allongement du fémur, la hanche et le genou sont particulièrement sollicités. En cas d’allongement du tibia, le genou et la cheville sont davantage concernés. La tension musculaire, la douleur et la diminution des mouvements peuvent progressivement entraîner une raideur.
Les exercices actifs, aidés ou passifs permettent de mobiliser régulièrement les articulations dans des limites adaptées à l’état du patient. Les mouvements actifs sont effectués par le patient lui-même, tandis que les mobilisations aidées ou passives sont réalisées avec l’assistance du kinésithérapeute ou d’un dispositif adapté. Cette mobilisation régulière contribue à préserver la souplesse de la capsule articulaire et à limiter les effets de l’immobilité. Si une diminution de l’amplitude est constatée, le programme d’exercices et le rythme de l’allongement peuvent être réévalués.
Comment prévenir les rétractions musculaires ?
À mesure que l’os s’allonge, les muscles et les tendons doivent eux aussi s’adapter à la nouvelle longueur du membre. Lorsque cette adaptation est insuffisante, les tissus peuvent devenir trop tendus et perdre progressivement leur souplesse. Des rétractions musculaires ou tendineuses peuvent alors apparaître et limiter le mouvement des articulations. Selon la zone opérée, les muscles de la hanche, les quadriceps, les muscles situés à l’arrière de la cuisse, les mollets et le tendon d’Achille peuvent nécessiter une surveillance particulière.
La prévention repose sur des étirements adaptés, des exercices de mobilité, un positionnement correct du membre et un renforcement musculaire progressif. Les étirements doivent être réguliers, contrôlés et réalisés sans mouvements brusques. Dans certaines situations, des attelles peuvent être utilisées pour maintenir une articulation dans une position appropriée. Il est également important de ne pas conserver la jambe dans la même position pendant une période prolongée. Les exercices prescrits à domicile doivent être réalisés régulièrement afin de préserver les bénéfices obtenus pendant les séances de rééducation.
Quel est l’impact d’un manque d’exercice ?
Le non-respect du programme d’exercices peut empêcher les muscles et les articulations de s’adapter correctement à l’allongement. Éviter les mouvements en raison de la douleur peut procurer un soulagement temporaire, mais cette réduction d’activité augmente le risque de raideur, de faiblesse musculaire et de rétraction des tendons. Le patient peut alors avoir des difficultés à tendre complètement le genou, à maintenir le pied dans une position correcte ou à mobiliser normalement la hanche.
Ces limitations peuvent également perturber la marche, l’utilisation des béquilles et la reprise des activités quotidiennes. En cas de perte importante de mobilité ou de tension musculaire excessive, il peut être nécessaire de ralentir ou de suspendre temporairement l’allongement. Une rééducation plus intensive, le port d’une attelle ou un traitement complémentaire peuvent parfois être envisagés. En revanche, un programme suivi régulièrement et adapté aux consignes de l’équipe médicale favorise le maintien de la mobilité, le renforcement musculaire progressif et le retour à une marche plus naturelle.