Le ménisque est une structure fibrocartilagineuse en forme de croissant, située dans l'articulation du genou entre le fémur et le tibia. Chaque genou en possède deux : le ménisque interne (ou médial), du côté intérieur, et le ménisque externe (ou latéral), du côté extérieur. Ils répartissent le poids du corps de façon homogène sur les surfaces articulaires, amortissent les chocs et participent à la stabilité du genou. La déchirure méniscale survient le plus souvent lorsque le genou subit un mouvement de torsion brutal, et elle compte parmi les lésions du genou les plus fréquentes.
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Chez les personnes jeunes et actives, elle se produit généralement lors d'une activité sportive, lorsque le pied reste ancré au sol pendant que le genou fléchi pivote. Avec l'âge, le ménisque perd progressivement de sa souplesse : un simple accroupissement, le fait de se relever depuis le sol ou de descendre un escalier peut alors suffire à provoquer une lésion. Pour identifier correctement une déchirure du ménisque, il faut analyser attentivement les symptômes, s'appuyer sur l'examen clinique d'un spécialiste et, si nécessaire, recourir à l'imagerie.
Quels sont les premiers symptômes d'une déchirure du ménisque ?
Le premier signe est le plus souvent une douleur soudaine au niveau du genou. Certaines personnes décrivent, au moment du traumatisme, une sensation de déchirement ou de craquement. Dans les heures qui suivent, il est souvent encore possible de marcher, mais dans les 24 à 48 heures, un gonflement, une raideur et une limitation des mouvements apparaissent. Il devient alors difficile de plier complètement le genou ou de le tendre entièrement, et ces mouvements accentuent la douleur.
Ce qui distingue surtout la déchirure méniscale des autres atteintes du genou, ce sont les symptômes mécaniques. Lorsque le fragment déchiré se déplace dans l'articulation, il peut provoquer des accrochages, des blocages ou des dérobements. En cas de blocage, le genou reste coincé dans une certaine position et il est impossible de l'étendre complètement. Des craquements, une douleur qui s'intensifie lors des rotations ou des accroupissements et une impression d'instabilité du genou font également partie des symptômes fréquents. Dans les déchirures dégénératives, liées à l'âge, le début est plus insidieux : la douleur s'installe progressivement, sans traumatisme identifiable.
Où se situe la douleur en cas de déchirure du ménisque ?
La localisation de la douleur dépend du ménisque touché. Le ménisque interne, moins mobile et plus solidement fixé à la capsule articulaire, se déchire plus souvent que le ménisque externe. En cas de lésion du ménisque interne, la douleur est ressentie sur la face interne du genou, le long de l'interligne articulaire. Lorsque c'est le ménisque externe qui est atteint, elle se concentre sur la face externe. Si la déchirure touche la corne postérieure, la douleur peut aussi se faire sentir à l'arrière du genou, au niveau du creux poplité.
En général, la douleur s'atténue au repos mais s'accentue nettement lors des rotations du genou en charge, des accroupissements, de la position en tailleur, de la descente des escaliers ou des changements de direction brusques. À l'examen, une sensibilité à la pression le long de l'interligne articulaire constitue un signe évocateur. La localisation de la douleur ne suffit toutefois pas à poser un diagnostic certain, car une lésion ligamentaire, une atteinte du cartilage ou de l'arthrose peuvent provoquer des douleurs dans les mêmes zones.
Quels examens permettent de diagnostiquer une déchirure du ménisque ?
Le diagnostic commence par un interrogatoire précis et un examen clinique. Le médecin cherche à savoir dans quelles circonstances la blessure s'est produite, à quel moment le gonflement est apparu et s'il existe des blocages ou des accrochages. Il évalue ensuite la sensibilité de l'interligne articulaire et réalise des tests spécifiques au ménisque. Le plus connu est le test de McMurray : le patient étant allongé sur le dos, le genou est fléchi, mis en rotation puis progressivement étendu. Une douleur ou un ressaut perçu au niveau de l'interligne oriente vers une déchirure. Le test d'Apley et le test de Thessaly sont également couramment utilisés pour évaluer une lésion méniscale.
Si l'examen clinique permet de suspecter une déchirure, l'IRM reste l'examen de référence pour confirmer le diagnostic et préciser le type de lésion. Elle montre en détail la localisation, la taille et la forme de la déchirure, ainsi que d'éventuelles lésions associées des ligaments ou du cartilage. La radiographie ne permet pas de visualiser le ménisque, mais elle peut être prescrite pour écarter une fracture, de l'arthrose ou un pincement de l'interligne articulaire. Lorsqu'un doute persiste, l'arthroscopie, qui consiste à explorer directement l'intérieur de l'articulation à l'aide d'une caméra, peut être utilisée à la fois pour le diagnostic et pour le traitement.
Comment différencier une déchirure du ménisque d'une lésion du ligament croisé ?
La déchirure méniscale et la rupture du ligament croisé antérieur peuvent survenir selon des mécanismes similaires, notamment lors d'une torsion brutale du genou, et sont d'ailleurs souvent associées. L'une des principales différences tient au délai d'apparition du gonflement. En cas de rupture du ligament croisé antérieur, un saignement se produit dans l'articulation, si bien que le genou gonfle rapidement, généralement en quelques heures. Dans une déchirure méniscale, le gonflement s'installe plus lentement et devient le plus souvent visible au bout d'un ou deux jours. Les patients victimes d'une rupture du ligament croisé rapportent aussi fréquemment avoir entendu un claquement au moment de l'accident.
La nature des symptômes aide également à faire la distinction. Dans la déchirure méniscale, ce sont surtout les accrochages, les blocages et une douleur localisée sur l'interligne articulaire qui dominent, alors que la rupture du ligament croisé se manifeste avant tout par des dérobements, une sensation de glissement et une instabilité du genou. Pour évaluer le ligament croisé antérieur, le médecin pratique le test de Lachman, le test du tiroir antérieur et le test du ressaut rotatoire (pivot shift) : un déplacement excessif du tibia vers l'avant signe la lésion ligamentaire. L'IRM joue un rôle essentiel pour déterminer si les deux lésions coexistent et pour planifier le traitement le plus adapté.
Comment traite-t-on une déchirure du ménisque ?
Le traitement dépend du type, de la taille et de la localisation de la déchirure, mais aussi de l'âge du patient, de son niveau d'activité et de l'intensité des symptômes. Pour les petites déchirures stables, qui n'entraînent pas de symptômes mécaniques, ainsi que pour les déchirures dégénératives liées à l'âge, on privilégie en première intention un traitement non chirurgical. Celui-ci repose sur le repos, l'application de froid, la surélévation de la jambe, des antalgiques et anti-inflammatoires prescrits par le médecin, ainsi qu'un programme de rééducation. La kinésithérapie vise à renforcer les muscles qui entourent le genou, en particulier le quadriceps, afin de soulager l'articulation et de préserver son amplitude de mouvement.
La chirurgie est envisagée lorsque la déchirure provoque des blocages, lorsque les symptômes persistent malgré un traitement conservateur bien conduit, ou en présence d'une lésion réparable chez un patient jeune et actif. L'intervention est aujourd'hui le plus souvent réalisée sous arthroscopie, par de petites incisions. Pour les déchirures situées dans la partie périphérique du ménisque, bien vascularisée, on privilégie la suture méniscale, car préserver le tissu méniscal permet de réduire le risque d'arthrose à long terme. Lorsque la réparation n'est pas possible, seule la partie endommagée est retirée : on parle alors de méniscectomie partielle. Après l'opération, une rééducation régulière fait partie intégrante du traitement et conditionne la récupération complète des fonctions du genou.