La pose d’une prothèse du genou est envisagée lorsque les structures qui composent l’articulation du genou — cartilage, os et ligaments — sont durablement et irréversiblement endommagées. La cause la plus fréquente est l’arthrose avancée du genou, mais certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, des traumatismes anciens, des déformations congénitales ou encore des séquelles de chirurgies antérieures peuvent également conduire à une détérioration progressive de l’articulation. Dans ces situations, le genou n’est plus en mesure d’assurer correctement sa fonction de port de charge et de mobilité, entraînant douleur persistante, raideur articulaire et perte fonctionnelle.
La décision de recourir à une prothèse du genou ne repose pas uniquement sur les examens d’imagerie. Les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne jouent un rôle central dans l’évaluation. Une incapacité à marcher sur de courtes distances, une gêne importante lors de la montée ou de la descente des escaliers, la nécessité de s’appuyer pour se lever d’une chaise ou encore des douleurs nocturnes au repos sont autant de signaux évocateurs. L’objectif n’est pas seulement de soulager la douleur, mais de permettre au patient de retrouver une autonomie fonctionnelle, une mobilité satisfaisante et une qualité de vie durable.
À Quel Stade La Douleur Du Genou Nécessite-T-Elle Une Prothèse ?
La douleur du genou évolue le plus souvent de manière progressive avant d’atteindre un stade nécessitant la pose d’une prothèse. Au début, elle apparaît lors d’efforts spécifiques tels que la montée des escaliers, les longues stations debout ou les mouvements sollicitant fortement l’articulation. Avec le temps, cette douleur devient plus fréquente, plus intense et finit par perturber l’ensemble des activités quotidiennes. À un stade avancé, elle peut survenir même au repos et s’intensifier la nuit, allant jusqu’à provoquer des réveils nocturnes.
Le recours à une prothèse devient pertinent lorsque les traitements médicaux ne parviennent plus à contrôler la douleur de manière satisfaisante. L’utilisation régulière d’antalgiques, les séances de rééducation, les infiltrations intra-articulaires et les aides orthopédiques ne suffisent alors plus à améliorer la situation. À ce stade, la détérioration structurelle de l’articulation est généralement avancée. Plutôt que de multiplier des solutions temporaires, une prise en charge chirurgicale visant à restaurer la fonction articulaire et à supprimer durablement la douleur est envisagée.
Quand Les Options Non Chirurgicales Deviennent-Elles Insuffisantes En Cas D’arthrose Du Genou ?
Aux stades précoces et intermédiaires de l’arthrose du genou, les traitements non chirurgicaux peuvent offrir des résultats satisfaisants. La perte de poids, le renforcement musculaire ciblé, la kinésithérapie, ainsi que les injections intra-articulaires de corticoïdes ou d’acide hyaluronique permettent souvent de réduire la douleur et d’améliorer temporairement la mobilité. Ces approches visent principalement à diminuer la charge exercée sur l’articulation et à ralentir l’aggravation des symptômes.
Cependant, ces traitements deviennent insuffisants lorsque leur efficacité diminue avec le temps. Si les infiltrations ne procurent plus qu’un soulagement de courte durée, si la raideur articulaire persiste malgré la rééducation ou si une déformation visible du genou apparaît, une évaluation chirurgicale devient nécessaire. Retarder l’intervention dans ce contexte peut entraîner une dégradation supplémentaire des tissus périarticulaires et compliquer la récupération post-opératoire. Une prothèse du genou posée au moment opportun offre généralement de meilleurs résultats fonctionnels et une rééducation plus efficace.
Existe-T-Il Une Limite D’âge Pour La Pose D’une Prothèse Du Genou ?
Il n’existe pas de limite d’âge stricte pour la pose d’une prothèse du genou. L’âge chronologique constitue un élément parmi d’autres dans l’évaluation globale du patient. De nombreux patients âgés, en bonne condition générale, bénéficient aujourd’hui d’excellents résultats après une chirurgie prothétique. À l’inverse, des patients plus jeunes présentant une atteinte articulaire sévère et un retentissement majeur sur leur qualité de vie peuvent également être candidats à cette intervention.
Chez les patients plus jeunes, la décision est prise avec davantage de prudence, car les prothèses ont une durée de vie limitée et une intervention de révision peut être nécessaire à long terme. Toutefois, maintenir un patient dans un état de douleur chronique et de limitation fonctionnelle sévère uniquement en raison de son âge n’est pas toujours justifié. Une sélection rigoureuse du patient, une technique chirurgicale adaptée et un programme de rééducation bien structuré permettent à la prothèse du genou d’offrir, quel que soit l’âge, une amélioration significative et durable de la qualité de vie.