L'épistaxis, terme médical désignant le saignement de nez, survient lorsque les petits vaisseaux sanguins tapissant la muqueuse nasale sont endommagés pour diverses raisons. L'air sec, les allergies, les infections des voies respiratoires supérieures, le fait de se moucher trop vigoureusement ou de se gratter l'intérieur du nez figurent parmi les déclencheurs les plus fréquents. Par ailleurs, des anomalies structurelles ou inflammatoires telles qu'une déviation de la cloison nasale, la présence de polypes ou une sinusite chronique peuvent également favoriser les saignements.
Certains facteurs systémiques sont aussi susceptibles de provoquer des épistaxis, notamment la prise de médicaments anticoagulants, les troubles de la coagulation et les maladies hépatiques. Le risque de saignement augmente de manière significative chez les personnes prenant régulièrement de l'aspirine ou de la warfarine. Les saignements consécutifs à un traumatisme sont généralement plus abondants et peuvent nécessiter une prise en charge médicale. Dans la majorité des cas, l'origine du saignement se situe dans la tache vasculaire de Kiesselbach, à l'avant du nez, mais les épistaxis postérieures peuvent être associées à des tableaux cliniques plus préoccupants.
Quels sont les risques liés aux saignements de nez récurrents ?
Des saignements de nez survenant plus d'une fois par semaine ou de manière régulière chaque mois peuvent être le signe d'un problème de santé sous-jacent sérieux. Les épisodes répétés entraînent une perte de sang chronique pouvant conduire à une anémie ferriprive. Ce tableau anémique se manifeste par de la fatigue, des vertiges, des palpitations et des difficultés de concentration, altérant considérablement la qualité de vie du patient.
Un autre risque majeur des épistaxis récurrentes est de passer à côté d'une pathologie hématologique telle qu'un trouble de la coagulation, une leucémie, une hémophilie ou une maladie de Von Willebrand. Lorsque des symptômes supplémentaires comme des saignements gingivaux, des ecchymoses faciles ou des saignements prolongés au niveau des coupures sont présents, il est essentiel de réaliser un bilan sanguin approfondi. Les saignements incontrôlés et prolongés pouvant, dans de rares cas, engendrer un risque d'aspiration, une consultation auprès d'un oto-rhino-laryngologiste s'impose en cas d'épisodes récurrents.
L'hypertension artérielle peut-elle déclencher un saignement de nez ?
La relation entre l'hypertension artérielle et les épistaxis fait l'objet de recherches depuis de nombreuses années. Bien que l'hypertension ne soit pas considérée comme la cause directe déclenchant le saignement, elle constitue un facteur aggravant reconnu qui augmente à la fois l'intensité et la durée de l'épisode hémorragique. L'élévation de la pression artérielle exerce une contrainte supplémentaire sur les petits vaisseaux de la muqueuse nasale et facilite la survenue d'un saignement lorsque ces vaisseaux sont déjà fragilisés ou lésés.
Les épistaxis d'origine postérieure sont plus fréquemment observées chez les patients souffrant d'hypertension chronique non contrôlée, et ces saignements sont généralement plus abondants que ceux d'origine antérieure. Chez les personnes présentant un saignement de nez associé à une tension artérielle élevée, la réduction de la pression artérielle facilite le contrôle de l'hémorragie. C'est pourquoi un suivi tensionnel régulier et une bonne observance du traitement antihypertenseur jouent un rôle déterminant dans la prévention des épisodes d'épistaxis.
Pourquoi les enfants saignent-ils du nez ?
Les saignements de nez sont très fréquents durant l'enfance et, dans la grande majorité des cas, ne sont pas liés à un problème de santé grave. La cause la plus courante est le grattage du nez avec les doigts. S'y ajoutent l'air sec ambiant, l'irritation et l'œdème de la muqueuse lors des infections des voies respiratoires supérieures ainsi que la rhinite allergique. Le réseau vasculaire situé dans la partie antérieure de la cloison nasale étant très superficiel chez l'enfant, même un traumatisme mineur peut suffire à provoquer un saignement.
Dans la plupart des cas, le saignement s'arrête spontanément en quelques minutes et ne nécessite aucun traitement. Toutefois, lorsque les épisodes sont très fréquents, que le saignement tarde à s'arrêter ou qu'il s'accompagne d'ecchymoses et de pétéchies sur d'autres parties du corps, une évaluation en hématologie pédiatrique est recommandée. Il convient également d'envisager la possibilité qu'un corps étranger ait été introduit dans la narine. En présence d'un écoulement nasal unilatéral malodorant associé à des saignements, un examen ORL doit être réalisé afin d'écarter cette hypothèse.
Que faire en cas de saignement de nez ?
Lorsqu'un saignement de nez survient, il faut rester calme, pencher légèrement la tête vers l'avant et pincer fermement la partie souple du nez entre le pouce et l'index pendant au moins dix minutes. Il est important de maintenir la pression sans relâcher et de ne pas vérifier trop tôt si le saignement s'est arrêté. Incliner la tête en arrière est une erreur courante qui favorise la déglutition du sang, provoquant des nausées, voire un risque d'aspiration. L'application d'une compresse froide sur l'arête du nez peut aider à contracter les vaisseaux et à ralentir le saignement.
Si le saignement persiste au-delà de vingt minutes malgré la compression, s'il est très abondant ou s'il fait suite à un traumatisme accompagné d'une déformation du nez, il est impératif de consulter en urgence. Chez les personnes sous traitement anticoagulant ou souffrant d'un trouble de la coagulation connu, le seuil d'intervention doit être abaissé et le saignement maîtrisé le plus tôt possible. Une fois l'épisode terminé, il est conseillé d'éviter de se moucher, de consommer des boissons chaudes et de pratiquer une activité physique intense pendant quelques heures afin de réduire le risque de récidive.