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Orthopedie

Combien De Temps Boite-t-on Après Une Prothèse De Hanche ?

4 février 2026 | 5 min de lecture

La boiterie observée après une intervention de prothèse totale de hanche fait généralement partie du processus normal de récupération et peut persister pendant une certaine période. La durée de cette boiterie ne dépend pas uniquement de la réussite technique de l’opération, mais aussi de l’état physique du patient avant l’intervention, des habitudes de marche acquises durant les années de douleur et de la qualité de la rééducation postopératoire. Au cours des premières semaines, la boiterie est souvent marquée, car le corps n’accorde pas encore une confiance totale à la nouvelle articulation et adopte inconsciemment une démarche de protection. En moyenne, une amélioration significative de la marche apparaît entre la sixième et la douzième semaine, mais ce délai peut varier considérablement d’un patient à l’autre. Chez les personnes ayant marché de manière douloureuse pendant une longue période avant l’opération, la boiterie peut persister même en l’absence de douleur, par simple automatisme.

Chez certains patients, la boiterie peut durer plusieurs mois sans pour autant traduire une complication permanente. Le renforcement musculaire, la récupération de l’équilibre et la normalisation du schéma de marche nécessitent du temps. Cette phase d’adaptation est souvent plus longue chez les personnes âgées, chez celles présentant une masse musculaire réduite ou ayant mené une vie sédentaire avant l’intervention. En revanche, si la boiterie s’aggrave avec le temps au lieu de s’améliorer, si une sensation d’instabilité de la hanche apparaît à la marche ou si des douleurs se développent au niveau du dos, du genou ou de la hanche controlatérale, la situation peut dépasser le cadre d’une récupération normale. Il est alors essentiel d’assurer un suivi médical régulier afin d’identifier rapidement toute anomalie.

Pourquoi Une Boiterie Apparaît-Elle Après Une Prothèse De Hanche ?

La principale cause de la boiterie après une prothèse de hanche réside dans la phase d’adaptation des muscles et des tissus mous entourant la nouvelle articulation. Lors de l’intervention, les muscles et la capsule articulaire sont temporairement modifiés, et leur réorganisation fonctionnelle demande un certain temps. Lorsque les muscles latéraux de la hanche, responsables de la stabilité du bassin, ne fonctionnent pas de manière optimale, le poids du corps n’est pas réparti correctement lors de la marche. Il en résulte un déplacement latéral, une réduction de la longueur du pas ou une inclinaison du tronc destinée à maintenir l’équilibre, ce qui se manifeste cliniquement par une boiterie.

Un autre facteur important est le comportement de protection adopté inconsciemment après l’opération. Par crainte de la douleur ou d’une récidive, certains patients évitent de charger pleinement la jambe opérée, même lorsque la douleur a disparu. Ce mécanisme d’évitement peut progressivement se transformer en trouble durable de la marche. L’œdème postopératoire, les spasmes musculaires et la raideur articulaire peuvent également perturber la symétrie des pas. Chez certains patients, une modification de la perception de la longueur des jambes, un déséquilibre du bassin ou la persistance de pathologies associées au niveau du rachis lombaire ou du genou contribuent également à la boiterie. Celle-ci est donc souvent multifactorielle, résultant de l’association de plusieurs éléments biomécaniques et neuromusculaires.

Comment La Faiblesse Musculaire Influence-t-Elle La Boiterie ?

La faiblesse musculaire joue un rôle central dans l’apparition et la persistance de la boiterie après une prothèse de hanche, en particulier lorsque les muscles abducteurs de la hanche sont insuffisamment sollicités. Lors de la marche, le poids du corps repose alternativement sur une seule jambe, et le maintien de l’équilibre du bassin dépend d’une activation musculaire adéquate. Si ces muscles sont faibles, le bassin a tendance à basculer du côté opposé, obligeant le patient à incliner le tronc pour compenser cette instabilité. Ce mécanisme compensatoire devient rapidement un schéma de marche habituel et constitue la base d’une boiterie persistante.

La faiblesse musculaire ne concerne pas uniquement la hanche ; une insuffisance des muscles abdominaux et lombaires compromet également la stabilité de la marche. Lorsque les muscles du tronc sont déficients, le contrôle postural est altéré et la sensation d’insécurité lors de la marche s’accentue. Par ailleurs, une faiblesse des muscles postérieurs de la hanche réduit l’efficacité de la phase de propulsion, donnant au patient l’impression de traîner le pied. Une utilisation prolongée de cannes ou une limitation excessive des mouvements peut retarder la récupération de la force musculaire. En l’absence de stimulation adéquate, la faiblesse s’installe et entretient un cercle vicieux où la boiterie s’aggrave au lieu de s’atténuer.

Que Faire Pour Éviter Que La Boiterie Devienne Permanente ?

Pour éviter qu’une boiterie ne s’installe durablement après une prothèse de hanche, il ne suffit pas de constater la disparition de la douleur ; il est indispensable de réapprendre consciemment un schéma de marche correct. Les aides à la marche doivent être utilisées conformément aux recommandations médicales afin d’assurer la sécurité, sans toutefois renforcer de mauvaises habitudes de déplacement. Il est essentiel de veiller à une répartition équilibrée du poids sur les deux membres, à une longueur de pas symétrique et à une posture droite lors de la marche. Des marches courtes mais fréquentes favorisent une activation musculaire progressive et limitent le risque de surcharge. Les programmes de rééducation doivent inclure non seulement le renforcement musculaire, mais aussi des exercices de coordination et d’équilibre.

Les habitudes de la vie quotidienne influencent également l’évolution de la boiterie. Une mauvaise posture lors des mouvements, un appui excessif sur un seul côté ou une montée des escaliers mal exécutée peuvent renforcer les troubles de la marche. Il est donc important que le patient développe une conscience corporelle et corrige rapidement les gestes inadaptés. Le contrôle de la marche devant un miroir, l’entraînement à la marche encadré par un kinésithérapeute et la poursuite régulière des exercices de renforcement constituent des éléments clés du rétablissement. Si malgré ces mesures la boiterie persiste, s’accompagne d’une douleur croissante ou d’une sensation de faiblesse soudaine dans la jambe, une évaluation médicale approfondie est nécessaire. Un suivi rigoureux et une rééducation structurée permettent, dans la grande majorité des cas, d’éviter qu’une boiterie après prothèse de hanche ne devienne permanente.