La chirurgie de prothèse du genou est une intervention pratiquée depuis de nombreuses années en orthopédie et dont le taux de réussite est élevé. Toutefois, comme toute chirurgie majeure, elle comporte certains risques. Ces risques sont principalement liés à l’âge du patient, à ses maladies chroniques éventuelles, à son état de santé général et à la qualité de la prise en charge après l’intervention. L’opération en elle-même n’est pas considérée comme hautement risquée ; ce sont surtout la préparation du patient et la gestion du processus postopératoire qui déterminent le niveau de sécurité.
La notion de risque est souvent mal interprétée et assimilée à un danger grave. En réalité, la majorité des risques liés à la prothèse du genou sont évitables ou peuvent être maîtrisés lorsqu’ils sont détectés précocement. Les complications les plus fréquentes incluent l’infection, la formation de caillots sanguins, les saignements, le retard de cicatrisation et, plus rarement, des problèmes mécaniques liés à la prothèse. Lorsque l’intervention est réalisée par une équipe expérimentée et que le patient respecte les recommandations médicales, la probabilité de ces complications diminue considérablement.
Chez les patients âgés, la question du risque est particulièrement fréquente. L’âge à lui seul ne constitue pas un critère de danger. L’état biologique du patient, sa capacité fonctionnelle et le bon fonctionnement de ses organes sont des éléments bien plus déterminants. Chez les personnes âgées en bonne condition générale et dont les maladies chroniques sont bien contrôlées, la chirurgie de prothèse du genou peut être réalisée en toute sécurité. L’évaluation du risque doit donc toujours être individualisée et ne peut faire l’objet de généralisations.
Chez Qui Le Risque D’infection Est-Il Plus Élevé ?
Le risque d’infection après une chirurgie de prothèse du genou est plus important chez certains groupes de patients. Les personnes atteintes de diabète, en particulier lorsque la glycémie est mal contrôlée, présentent un risque accru. Une glycémie élevée affaiblit le système immunitaire et ralentit la cicatrisation des plaies, ce qui facilite la prolifération bactérienne au niveau du site opératoire.
L’obésité constitue également un facteur de risque majeur. L’excès de poids peut allonger la durée de l’intervention, augmenter la tension sur les tissus et compliquer la cicatrisation de la plaie. De plus, la vascularisation du tissu adipeux étant moins efficace, les mécanismes de défense de l’organisme sont moins performants face aux infections. Pour cette raison, une prise en charge nutritionnelle et un contrôle du poids avant l’opération sont fortement recommandés.
Les patients dont le système immunitaire est affaibli présentent aussi un risque accru d’infection. Cela concerne notamment les personnes atteintes de maladies rhumatismales sous traitement immunosuppresseur, celles recevant une corticothérapie prolongée, ou encore les patients souffrant de maladies chroniques rénales ou pulmonaires. Le tabagisme, les infections cutanées existantes, les abcès dentaires ou les infections urinaires peuvent également augmenter le risque infectieux. Il est donc essentiel d’identifier et de traiter toutes les sources potentielles d’infection avant l’intervention.
Comment Réduire Le Risque De Thrombose Lors D’une Chirurgie De Prothèse ?
Le risque de formation de caillots sanguins après une chirurgie de prothèse du genou est une préoccupation importante, en particulier durant les premières semaines postopératoires. Ce risque est principalement lié au ralentissement de la circulation sanguine dans les membres inférieurs après l’intervention. La mobilisation précoce du patient constitue l’une des mesures les plus efficaces pour réduire ce risque. Le fait de se lever rapidement et de mobiliser la jambe de manière contrôlée favorise la circulation veineuse et limite la stagnation du sang.
Le traitement médicamenteux joue également un rôle clé dans la prévention des thromboses. Après l’opération, des anticoagulants sont prescrits pour une durée adaptée au profil de risque du patient. Le choix du médicament, sa dose et la durée du traitement sont personnalisés. Chez les patients ayant des antécédents de thrombose, une immobilisation prolongée ou des maladies vasculaires sévères, cette prévention est mise en place de façon plus stricte et prolongée.
Des mesures mécaniques viennent compléter cette prise en charge. Le port de bas de contention, l’utilisation de dispositifs de compression et la réalisation régulière d’exercices de mobilisation de la cheville contribuent à améliorer le retour veineux. Une hydratation suffisante, l’évitement des positions prolongées et le respect des consignes médicales dans la vie quotidienne sont également essentiels. La reconnaissance précoce de signes tels qu’un gonflement soudain de la jambe, une douleur ou un essoufflement permet une intervention rapide en cas de complication.
Comment Les Risques Sont-Ils Évalués Avant L’opération ?
L’évaluation des risques avant une chirurgie de prothèse du genou est une étape déterminante pour garantir la sécurité de l’intervention. Cette évaluation repose sur une analyse détaillée des antécédents médicaux du patient. Les maladies cardiaques, pulmonaires, rénales, l’hypertension, le diabète, les traitements en cours et les interventions chirurgicales antérieures sont examinés avec attention. L’objectif est d’identifier à l’avance les facteurs susceptibles de provoquer des complications et de prendre les mesures nécessaires.
Outre l’état de santé général, les caractéristiques structurelles de l’articulation du genou sont également prises en compte. Le degré d’usure articulaire, la qualité osseuse, l’état des ligaments et l’axe du membre inférieur sont analysés en détail. Cette évaluation permet de choisir le type de prothèse le plus adapté et de déterminer la technique chirurgicale optimale. Une planification précise réduit la durée de l’intervention et limite le risque de complications.
La préparation préopératoire constitue une phase active de réduction des risques. Le contrôle de la glycémie et de la tension artérielle, l’arrêt du tabac, l’amélioration de l’état nutritionnel et le traitement des foyers infectieux existants font partie intégrante de cette préparation. Par ailleurs, le patient est préparé psychologiquement et physiquement à la période postopératoire. L’explication du programme de rééducation et la clarification des attentes favorisent une meilleure adhésion au traitement et contribuent à une diminution globale des risques.