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Orthopedie

Qu’est-ce qu’une Luxation de Prothèse de Hanche ?

17 février 2026 | 5 min de lecture

La luxation de prothèse de hanche correspond au déplacement de la tête prothétique hors de la cavité acétabulaire après une intervention de prothèse totale de hanche. Dans une articulation naturelle, la tête du fémur s’articule avec le bassin et la stabilité est assurée par les ligaments, les muscles et la capsule articulaire. Après la pose d’une prothèse, cet équilibre biomécanique est reconstruit, mais l’articulation reste plus vulnérable tant que les tissus ne sont pas totalement cicatrisés. Lorsque la tête prothétique sort de son logement, le patient ressent généralement une douleur intense, une incapacité soudaine à mobiliser la hanche et parfois une déformation visible du membre inférieur. Il peut également constater un raccourcissement apparent de la jambe ou une rotation anormale du pied vers l’intérieur ou l’extérieur. Cette situation limite brutalement l’autonomie et nécessite une prise en charge orthopédique rapide.

La luxation peut être liée à plusieurs facteurs, notamment la technique chirurgicale utilisée, l’orientation des composants prothétiques, la qualité musculaire du patient, son âge, d’éventuels troubles neurologiques ou le respect des consignes postopératoires. Dans les premières semaines suivant l’opération, les tissus mous sont encore en phase de cicatrisation et assurent une protection limitée. Toutefois, une luxation peut également survenir plusieurs années après l’intervention, à la suite d’une chute, d’un traumatisme ou d’un mouvement brusque inadapté. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème mécanique : la luxation peut fragiliser davantage les structures environnantes et altérer la stabilité articulaire. C’est pourquoi les patients porteurs d’une prothèse de hanche doivent être informés des facteurs de risque et adapter leurs mouvements de manière consciente et prudente.

À quel moment la luxation de prothèse de hanche survient-elle le plus souvent ?

La luxation est observée le plus fréquemment au cours des trois premiers mois suivant l’intervention. Cette période correspond à la phase de cicatrisation des tissus et d’adaptation musculaire autour de la nouvelle articulation. La capsule articulaire et les muscles sectionnés ou mobilisés pendant l’opération ont besoin de temps pour retrouver une fonction stabilisatrice optimale. Durant cette phase précoce, certains mouvements peuvent augmenter le risque de luxation, comme s’asseoir sur un siège trop bas, croiser les jambes ou effectuer une rotation excessive de la hanche. En particulier, lorsque la voie d’abord postérieure a été utilisée, les mouvements combinant flexion importante, adduction et rotation interne représentent un facteur de risque. Les patients reçoivent donc des recommandations précises concernant les amplitudes de mouvement à éviter.

Néanmoins, la luxation n’est pas exclusivement un événement précoce. Elle peut également survenir des années après la chirurgie, notamment en cas de faiblesse musculaire persistante, de descellement des composants prothétiques ou de traumatisme. Chez les personnes âgées, les troubles de l’équilibre et la diminution des réflexes augmentent le risque de chute. Les patients présentant des pathologies neurologiques peuvent également souffrir d’un contrôle musculaire insuffisant, compromettant la stabilité de la hanche. Par ailleurs, l’usure progressive des éléments prothétiques ou une modification de leur position au fil du temps peut altérer l’alignement articulaire et favoriser une luxation. Pour ces raisons, un suivi orthopédique régulier est recommandé, même plusieurs années après l’implantation.

La luxation de prothèse constitue-t-elle une urgence ?

Dans la majorité des cas, la luxation de prothèse de hanche doit être considérée comme une urgence orthopédique. Le déplacement de la tête prothétique provoque généralement une douleur intense et rend la mise en charge impossible. Le patient est souvent incapable de se lever ou de marcher. La position anormale de l’implant peut exercer une pression sur les tissus environnants, entraînant une tension excessive des muscles, des ligaments et parfois des structures nerveuses. Plus la luxation persiste, plus le risque de lésions des tissus mous augmente. Il est donc essentiel de consulter rapidement un service d’urgence afin de procéder à une réduction de la luxation.

Dans de nombreux cas, une réduction dite « fermée », réalisée sous anesthésie, permet de remettre la prothèse en place sans intervention chirurgicale supplémentaire. Cependant, certaines situations sont plus complexes. Si les composants prothétiques sont mal positionnés, instables ou si les tissus ont subi des dommages importants, une intervention chirurgicale de révision peut s’avérer nécessaire. Les luxations récidivantes nécessitent une évaluation approfondie de la stabilité de l’implant et de l’équilibre musculaire. Il convient également de vérifier l’intégrité des nerfs et des vaisseaux sanguins, en particulier en cas de troubles sensitifs ou de diminution de la force musculaire. Ainsi, la luxation de prothèse ne doit jamais être minimisée ; elle représente une complication sérieuse exigeant une prise en charge spécialisée et rapide.

La luxation peut-elle récidiver et comment la prévenir ?

Une luxation de prothèse de hanche peut, dans certains cas, se reproduire. Après un premier épisode, les structures capsulo-ligamentaires peuvent être davantage relâchées, ce qui augmente le risque de récidive. Si la cause initiale est liée à une faiblesse musculaire, à un mauvais positionnement des composants prothétiques ou au non-respect des recommandations de mouvement, la probabilité d’un nouvel épisode est plus élevée. Les patients présentant plusieurs luxations successives doivent bénéficier d’une évaluation orthopédique détaillée afin d’analyser l’orientation et la taille des implants ainsi que la qualité du soutien musculaire. Dans certains cas, le port d’une orthèse spécifique ou une chirurgie correctrice peut être envisagé pour restaurer la stabilité.

La prévention repose avant tout sur le respect rigoureux des consignes postopératoires. Il est généralement recommandé d’éviter de croiser les jambes, de se pencher excessivement en avant ou d’effectuer des rotations brusques de la hanche durant la période de récupération. Un programme de rééducation adapté permet de renforcer les muscles périarticulaires et d’améliorer la stabilité fonctionnelle. L’aménagement du domicile joue également un rôle important dans la prévention des chutes, notamment en éliminant les obstacles, les tapis glissants et en sécurisant les escaliers. Enfin, des consultations de suivi régulières permettent de surveiller la position et l’état de la prothèse afin de détecter précocement toute anomalie. Une prise en charge préventive et un accompagnement médical attentif contribuent significativement à réduire le risque de luxation et de récidive.