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Orthopedie

La Prothèse de Hanche Modifie-t-elle la Façon de Marcher ?

6 février 2026 | 6 min de lecture

Après une chirurgie de prothèse de hanche, une modification de la démarche est fréquente et, dans la majorité des cas, attendue. Cette situation est davantage liée aux habitudes de mouvement développées au fil des années pour éviter la douleur qu’à la structure mécanique de la prothèse elle-même. Avant l’intervention, les personnes souffrant de douleurs, de raideur ou de limitation des mouvements de la hanche adaptent inconsciemment leur marche pour réduire l’inconfort. Les pas deviennent plus courts, le temps d’appui sur le côté douloureux diminue, le tronc s’incline légèrement et le poids est transféré plus rapidement sur l’autre jambe. Avec le temps, ce schéma de compensation est intégré par le système nerveux et devient automatique. Même après la disparition de la douleur grâce à l’opération, le cerveau peut continuer à utiliser ce modèle de marche pendant un certain temps. Ainsi, bien que la personne se sente plus à l’aise, elle peut constater que sa démarche reste différente.

Un autre facteur important est l’adaptation des muscles, des ligaments et des tissus mous à la nouvelle structure articulaire. Lors de la pose de la prothèse de hanche, les tissus autour de l’articulation sont inévitablement sollicités, et leur récupération en termes de force et de souplesse nécessite du temps. En particulier, une faiblesse des muscles stabilisateurs latéraux de la hanche peut provoquer un léger déplacement du tronc vers le côté opposé pendant la marche. La sensation d’une différence de longueur des jambes joue également un rôle. Même en l’absence d’une réelle inégalité mesurable, le cerveau, habitué à une articulation affaissée avant l’opération, peut percevoir la nouvelle situation comme inhabituelle. L’ensemble de ces éléments explique pourquoi la prothèse de hanche peut modifier temporairement la façon de marcher, une modification qui tend toutefois à s’estomper avec une rééducation adaptée.

Pourquoi la Marche est-elle Ressentie comme Différente Après l’Opération ?

L’une des principales raisons pour lesquelles la marche paraît différente après l’intervention est liée aux mécanismes de protection du corps. Face à une articulation récemment opérée, la personne adopte instinctivement une attitude plus prudente. Durant les premières semaines, la présence d’un œdème, d’une sensibilité accrue ou d’une sensation de tension peut diminuer le sentiment de sécurité lors de l’appui. Certains patients décrivent l’impression de ne pas poser pleinement le pied au sol, de ressentir une instabilité au niveau de la hanche ou de craindre une perte d’équilibre. Ces sensations ne sont généralement pas liées à la solidité de la prothèse, mais plutôt au temps nécessaire au système nerveux pour s’adapter à la nouvelle articulation. Le cerveau doit réapprendre les limites et les zones de sécurité du mouvement, et cette phase d’apprentissage peut provoquer une perception inhabituelle de la marche.

Par ailleurs, la réorganisation du travail musculaire influence fortement la sensation de marche. Avant l’opération, certains muscles ont pu être sursollicités pour compenser la douleur, tandis que d’autres ont été sous-utilisés. Cet équilibre ne se rétablit pas immédiatement après la chirurgie. Si les muscles responsables de la stabilité de la hanche manquent encore de force, la personne peut se sentir déséquilibrée ou manquer de contrôle lors de la marche. La difficulté à pousser la jambe vers l’arrière en fin de pas réduit l’amplitude de la foulée et donne une impression de marche non naturelle. L’utilisation temporaire d’une canne ou d’un déambulateur modifie également la répartition des charges et contribue à cette sensation inhabituelle. L’ensemble de ces facteurs explique pourquoi la marche est souvent perçue comme différente après une prothèse de hanche.

Combien de Temps Faut-il pour Retrouver une Marche Normale avec une Prothèse de Hanche ?

Le retour à une marche dite normale varie considérablement d’une personne à l’autre et ne peut être résumé par un délai unique. L’âge, le niveau d’activité avant l’opération, la durée pendant laquelle la personne marchait en boitant, la force musculaire, le poids corporel et la présence de douleurs associées au dos ou aux genoux influencent directement cette évolution. Certains patients parviennent à marcher sans aide dans la vie quotidienne en quelques semaines, tandis que d’autres ont besoin de plusieurs mois pour retrouver une démarche véritablement symétrique. Il est important de comprendre que la diminution de la douleur et la normalisation de la marche ne progressent pas au même rythme. La douleur s’atténue souvent rapidement, mais le renforcement musculaire et l’automatisation du nouveau schéma de marche par le système nerveux demandent plus de temps.

La rééducation joue donc un rôle central dans ce processus. Le renforcement des muscles autour de la hanche, le travail de l’équilibre et la correction consciente du schéma de marche permettent d’accélérer le retour à une démarche plus naturelle. Abandonner trop tôt les aides à la marche peut créer un sentiment d’insécurité et favoriser le retour aux anciennes habitudes de boiterie. À mesure que la hanche retrouve une bonne amplitude de mouvement vers l’arrière, la longueur du pas augmente, la répartition des charges s’équilibre et la marche devient plus fluide. Chez la majorité des patients, une amélioration nette est observée en quelques mois, à condition que les exercices soient réalisés régulièrement et de manière appropriée.

Une Mauvaise Démarche Peut-elle Provoquer des Douleurs au Dos et aux Genoux ?

Les troubles de la démarche peuvent effectivement entraîner des douleurs au niveau du dos et des genoux, car le corps fonctionne selon une chaîne d’équilibre entre les articulations. Lorsque la hanche n’assure pas une stabilité suffisante, la charge est reportée de manière excessive sur la colonne lombaire et les genoux. Une instabilité du bassin lors de la marche peut provoquer des mouvements latéraux excessifs de la colonne vertébrale, ce qui favorise la fatigue musculaire, les contractures et les douleurs lombaires. En particulier, lorsque l’extension de la hanche est limitée, le bas du dos compense davantage pour permettre la progression du pas, augmentant ainsi les contraintes sur la région lombaire.

Les genoux sont également directement influencés par les déséquilibres de la hanche. Une faiblesse des muscles de la hanche peut entraîner un déplacement anormal du genou vers l’intérieur ou l’extérieur pendant la marche. Cette situation peut provoquer des douleurs autour de la rotule, des tensions sur la face interne du genou ou une surcharge progressive du cartilage. De plus, la sensation d’une différence de longueur des jambes peut amener la personne à fléchir davantage un genou que l’autre, créant une répartition inégale des charges. Ainsi, en cas de douleurs lombaires ou de genou après une prothèse de hanche, il est essentiel de considérer la démarche dans son ensemble. Dans de nombreux cas, un travail ciblé sur la marche, l’équilibre musculaire et la coordination permet de réduire significativement ces douleurs secondaires.