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Orthopedie

Position assise prolongée après prothèse de hanche : est-ce nocif ?

25 février 2026 | 5 min de lecture

Après une chirurgie de prothèse de hanche, rester assis longtemps n’endommage pas directement la prothèse. Toutefois, demeurer immobile dans la même position pendant de longues périodes peut nuire au processus de récupération. Durant les 6 à 12 premières semaines, les muscles périarticulaires, les ligaments et la capsule articulaire ne sont pas encore totalement adaptés. Le maintien prolongé de la hanche en position de flexion peut retarder le gain de souplesse des tissus mous. Cette posture fixe favorise la sensation de raideur autour de l’articulation et peut entraîner une gêne lors des premiers pas après s’être levé.

La position assise prolongée influence également la circulation sanguine. Le retour veineux des membres inférieurs dépend en grande partie de l’action des muscles. En l’absence de mouvement, les muscles du mollet et de la cuisse ne jouent plus pleinement leur rôle de pompe, ce qui ralentit la circulation. Chez les personnes présentant des facteurs de risque, cette situation nécessite une vigilance particulière vis-à-vis du risque thrombotique. Par ailleurs, une posture inadéquate adoptée inconsciemment, comme le dos voûté ou un appui asymétrique sur une hanche, peut provoquer des déséquilibres posturaux. À long terme, cela peut favoriser des douleurs lombaires, des tensions au niveau des genoux et une altération de la qualité de la marche. L’objectif n’est donc pas d’éviter totalement la position assise, mais d’en contrôler la durée et d’intégrer des pauses actives régulières.

Comment la position assise prolongée affecte-t-elle les muscles autour de la hanche ?

Après l’intervention, les muscles périarticulaires sont naturellement fragilisés. La chirurgie peut entraîner un étirement ou une séparation partielle de certains tissus musculaires, et la prudence adoptée par le patient limite souvent leur sollicitation. Une position assise prolongée réduit davantage leur activation. Les muscles stabilisateurs de la hanche, notamment le grand fessier et le moyen fessier, peuvent perdre en efficacité s’ils ne sont pas suffisamment sollicités. Cela peut se traduire par une instabilité du bassin, une démarche oscillante ou des difficultés à monter les escaliers et à tenir en appui unipodal.

En parallèle, les fléchisseurs de hanche ont tendance à se raccourcir lorsque la hanche reste longtemps en flexion. Le muscle ilio-psoas peut ainsi développer une rétraction adaptative. Cette modification limite l’extension complète de la hanche lors de la marche et réduit l’amplitude du pas. La marche devient plus courte et plus prudente. Au-delà de la force musculaire, la coordination neuromusculaire peut également être perturbée. Si les muscles extenseurs de la hanche ne s’activent pas au bon moment lors du lever, la charge se reporte vers la région lombaire et les genoux. Cela peut entraîner l’apparition secondaire de douleurs lombaires ou de douleurs antérieures du genou.

Quelles précautions pour les personnes travaillant en position assise ?

Pour les personnes travaillant au bureau, la gestion du temps passé assis est essentielle. Après une prothèse de hanche, il est déconseillé de rester assis sans interruption pendant des périodes prolongées. Se lever régulièrement, marcher quelques minutes et effectuer des étirements légers favorisent la circulation et limitent la raideur articulaire. La hauteur du siège joue un rôle déterminant. Si les genoux se situent au-dessus du niveau des hanches, la flexion est accentuée et la pression sur la partie antérieure de la capsule articulaire augmente. Il est préférable que les genoux soient légèrement plus bas que les hanches.

Un siège trop bas ou trop mou complique le lever et augmente la charge exercée sur la hanche opérée. Croiser les jambes, s’appuyer davantage sur un côté ou se pencher constamment vers l’avant favorise une répartition inégale des charges. Lors du lever, les deux pieds doivent être bien ancrés au sol et le tronc incliné vers l’avant de manière contrôlée avant de se redresser. Ces gestes répétés plusieurs fois par jour influencent directement l’équilibre musculaire et la récupération fonctionnelle. Une organisation adaptée du poste de travail contribue donc à prévenir les douleurs et les compensations.

Quelles précautions lors de longs trajets après une prothèse de hanche ?

Les longs trajets en voiture, en bus ou en avion nécessitent une attention particulière après une prothèse de hanche. Rester assis plusieurs heures dans la même position favorise la raideur musculaire et ralentit la circulation sanguine. Durant les trois premiers mois, il est recommandé de planifier des pauses régulières lors des trajets supérieurs à deux heures. Le siège du véhicule ne doit pas être trop bas afin d’éviter une flexion excessive de la hanche. Pour monter dans une voiture, il est conseillé de s’asseoir d’abord sur le siège puis de faire pivoter les deux jambes simultanément vers l’intérieur.

Pendant le trajet, il est utile d’effectuer des mouvements de flexion-extension des chevilles et de mobiliser légèrement les genoux. Lorsque cela est possible, marcher quelques minutes soutient le retour veineux. Une légère raideur après le trajet est fréquente et s’améliore généralement avec le mouvement. En revanche, l’apparition d’un gonflement unilatéral du mollet, d’une douleur importante ou d’un essoufflement soudain nécessite une évaluation médicale rapide. Avant tout déplacement prolongé, il est essentiel de tenir compte des recommandations médicales et des facteurs de risque individuels afin de garantir une récupération sécurisée et optimale.